生き甲斐

À propos

Petite, j’enviais mes amis qui savaient exactement ce qu’ils feraient de leur vie. À mes yeux, être animés d’une passion les rendait entiers, différents et par conséquent, intéressants. Je jalousais aussi leur voie toute tracée : ils feraient ces études-là, exerceraient tel métier ou s’abandonneraient à ce passe-temps dans lequel ils excelleraient. Leur chemin serait logique, tourné vers un but identifié. Ils ne connaîtraient donc pas l’angoisse provoquée par la nécessité de justifier ses choix et de donner du sens à un parcours hasardeux, sinon chaotique.

Aujourd’hui, j’ai fait la paix avec l’absence d’une quête unique, primaire voire sacrée dans ma vie. Je suis une touche-à-tout. Avoir une seule passion m’est impossible tant je déteste et j’ai peur de choisir, et donc de renoncer à quelque chose. À la place, je me laisse à tout prix porter par le courant, celui qui promet le moins de bifurcations possibles et qui me fera voir le plus de paysages. Surtout, ne pas avoir de destination précise en tête me permet une chose : me concentrer entièrement sur le voyage.

Je travaille depuis quelques années et j’ai un toit au-dessus de ma tête. Je dirais donc que ce qui peut être considéré comme la quête principale du début de ma vie est complétée – celle qu’on amorce avec l’école puis les études, et dont tout le monde nous rabâche les oreilles comme s’il s’agissait de la seule quête valable : trouver un métier. Mais pendant tout ce temps, j’ai accordé une importance grandissante à mes quêtes secondaires.

Cuisiner. Lire. Jardiner. Crocheter. Courir. Me lancer dans l’aquariophilie. Peindre. Fabriquer. Visiter. Apprendre une langue. Lancer un blog.

Je veux tout faire, tout essayer.

Et rien ne peut m’arrêter.